lundi 11 octobre 2010

Les maux des mots (3)

Je continue ma lecture de Jacottet, pour découvrir que le souci du "lieu intérieur" propre à l'écriture ne m'est pas particulier - encore faudrait-il que j'arrive à l'exprimer aussi bien que lui :

"Pour moi, en tout cas, j'éprouve violemment, à chaque fois que, après de longs mois de travaux forcés ou même de plus brèves interruptions, j'essaie de revenir à la poésie, la distance grandissante, et peut-être incommensurable, qui me tient séparé de ce lieu intérieur, non situable où elle peut encore, si imparfaite, si précaire soit-elle, ressurgir. Il me faut à chaque fois rétablir l'ordre et le silence, écarter les obstacles quotidiens, me retrouver dans la fraîcheur initiale, un bref instant retrouvée et tout de suite reperdue. Comme si s'était formée autour de nous une carapace de mensonges et d'erreurs qu'il faudrait à chaque fois faire tomber, ne serait-ce que pour y voir clair."

Philippe Jacottet (La promenade sous les arbres, Bibliothèque des arts, 1996, p. 109)

2 commentaires:

  1. Très beau texte !

    PS : Tu ne réponds pas à mes sms :(

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  2. Je n'arrive pas à la fois à "rétablir l'ordre et le silence" et à tenir mon courrier à jour... Mais c'est imminent, mon bon !

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