dimanche 31 octobre 2010

Activité d'automne...



... Compléter mon album "Islande". Le mélange photos / textes / dessins a quelque chose de profondément satisfaisant, et par ce temps de pluie, quoi de plus agréable que de penser aux vacances ?

dimanche 24 octobre 2010

Bleu

"L'AIR que nous respirons, l'apparence de vide sur laquelle remuent nos figures, l'ESPACE que nous traversons n'est rien d'autre que ce BLEU terrestre, invisible tant il est proche et fait corps avec nous, habillant nos gestes et nos voix. PRÉSENT jusque dans la chambre, tous volets tirés et toutes lampes éteintes, insensible vêtement de notre VIE."

J.-M. Maulpoix, Une Histoire de Bleu, NRF, Gallimard / Poésie, 2005

samedi 23 octobre 2010

Bleu

"Indéfiniment, le bleu S'ÉVADE.
Ce n'est pas, à vrai dire, une couleur. Plutôt une tonalité, un CLIMAT, une résonance spéciale de l'air. Un empilement de CLARTÉ, une teinte qui naît du vide ajouté au vide, aussi changeante et TRANSPARENTE dans la tête de l'homme que dans les cieux."

J.-M. Maulpoix, Une Histoire de Bleu, NRF, Gallimard / Poésie, 2005

vendredi 22 octobre 2010

Bleu

"Le bleu ne fait pas de bruit.
C'est une couleur timide, sans arrière-pensée, présage ni projet, qui ne se jette pas brusquement sur le regard comme le JAUNE ou le ROUGE mais qui l'attire à soi, L'APPRIVOISE peu à peu, le laisse VENIR sans se presser, de sorte qu'en elle il s'enfonce, et se noie sans se rendre compte de RIEN."

J.-M. Maulpoix, Une Histoire de Bleu, NRF, Gallimard / Poésie, 2005

mardi 19 octobre 2010

Lire, écrire

"En ce qui nous concerne, nous n'avons pour connaître l'homme que la lecture, la merveilleuse lecture qui juge l'homme d'après ce qu'il écrit. De l'homme, ce que nous aimons par-dessus tout, c'est ce qu'on en peut écrire. Ce qui ne peut être écrit mérite-t-il d'être vécu ?"

Gaston Bachelard, L'eau et les rêves, José Corti, p. 14.

dimanche 17 octobre 2010

jeudi 14 octobre 2010

Instantanés de dédicace



Hier après-midi à Cultura (Dijon), beaucoup d'enfants -très bons sujets de croquis. Et aussi une petite Lou-Ann de 6 ans qui a pris ma place le temps de goûter aux charmes de l'aquarelle. J'ai même eu un dessin dédicacé !

mercredi 13 octobre 2010

Je fais l'actu !

Non seulement je suis en dédicace aujourd'hui de 15h à 18h à la librairie Cultura de Dijon (venez me voir, pour Dijon il y a même des TGV !) mais en plus je fais l'actualité de la maison d'édition (chère à mon coeur) Transboréal, chez laquelle j'ai publié Les bonheurs de l'aquarelle. Elle me consacre la une de son site avec une interview exclusive que vous pouvez lire en cliquant ici.
"Mais où s'arrêtera-t-elle ?" vous exclamez-vous in petto (et comment va-t-elle trouver le temps de corriger ses copies ?)

mardi 12 octobre 2010

Le sens de l'à-propos

Je ne résiste pas au bonheur de vous faire partager un ÉMERVEILLEMENT. Comme vous le savez, il en existe de plusieurs sortes. 
Celui de ce matin concerne Blogspot, qui héberge ce blog. Il est  - comme il se doit dans notre ultra-moderne société - rémunéré par la publicité, que j'ai bloquée à la lecture du blog mais qui apparaît quand j'enregistre mes messages. Et, ultra-modernité oblige, cette publicité est CIBLÉE : Une mystérieuse alchimie adapte son contenu à mes principaux centres d'intérêt. 
Or il ne vous a pas échappé que je faisais ces temps-ci une fixation sur les CHAMPIGNONS. 
Et bien grâce à ses précieux algorythmes, Blogspot me propose depuis trois jours un traitement contre les MYCOSES !!!
Je trouve ça purement magnifique...

lundi 11 octobre 2010

L'automne (surtout pas) côté cuisine

Trois champignons pour le cimetière...

Les maux des mots (3)

Je continue ma lecture de Jacottet, pour découvrir que le souci du "lieu intérieur" propre à l'écriture ne m'est pas particulier - encore faudrait-il que j'arrive à l'exprimer aussi bien que lui :

"Pour moi, en tout cas, j'éprouve violemment, à chaque fois que, après de longs mois de travaux forcés ou même de plus brèves interruptions, j'essaie de revenir à la poésie, la distance grandissante, et peut-être incommensurable, qui me tient séparé de ce lieu intérieur, non situable où elle peut encore, si imparfaite, si précaire soit-elle, ressurgir. Il me faut à chaque fois rétablir l'ordre et le silence, écarter les obstacles quotidiens, me retrouver dans la fraîcheur initiale, un bref instant retrouvée et tout de suite reperdue. Comme si s'était formée autour de nous une carapace de mensonges et d'erreurs qu'il faudrait à chaque fois faire tomber, ne serait-ce que pour y voir clair."

Philippe Jacottet (La promenade sous les arbres, Bibliothèque des arts, 1996, p. 109)

jeudi 7 octobre 2010

Les maux des mots (2)

Pourquoi la poésie ? Jacottet, encore :

"C'est à peu près à ce moment-là de mes tâtonnements (...) que, favorisé d'un bonheur dont je devrais être confus mais dont je suis seulement reconnaissant à qui de droit, je fus saisi, plus violemment et plus continûment qu'autrefois, par le monde extérieur. Je ne pouvais plus détacher mes yeux de cette demeure mouvante, changeante, et je trouvais dans sa considération une joie et une stupeur croissantes ; je puis vraiment parler de splendeur, bien qu'il se soit toujours agi de paysages très simples, dépourvus de pittoresque, de lieux plutôt pauvres et d'espaces mesurés. Or cette splendeur m'apparaissait de plus en plus lumineuse, aérée, et en même temps de moins en moins compréhensible. De nouveau,  ce mystère nourricier, ce mystère réjouissant me poussait comme une poigne très vigoureuse vers la poésie."

Philippe Jacottet (La promenade sous les arbres, Bibliothèque des arts, 1996, p. 19)

No man's land

Gas-station N1, Hveragerdi, Islande du Sud

mardi 5 octobre 2010

Les maux des mots

Les mots me manquent, ces temps-ci. Ceux que l'on aimerait voir glisser sur la page ou sur l'écran, se mettre tout seuls en formation, en paragraphes, en longues phrases harmonieuses. Les mots me manquent cruellement. Les mots manquants m'enferment en moi-même, bouche close, main nue.

Un seul remède : lire, et relire, mâcher — manduquer, comme disaient les Pères de l'Eglise — les mots des autres, porteurs de sens, de musicalité et de beauté. Les mots des poètes ou ceux de sages chasseurs de lumière. J'en sais quelques-uns que je vais ces jours prochains convoquer hors de ma bibliothèque. 
Cette cure que j'entame aujourd'hui, partageons-la, peut-être ?...
Voici pour commencer :

"Dès le matin la lumière parle et je l'écoute, sans plus me demander si je fais bien ou mal, si je ne suis pas ridicule. C'est d'abord comme une jeune fille qui passerait de porte en porte éveiller un à un les habitants de ce village, c'est quelque chose de frais qui ruisselle sur les pierres, qui lave les murs de toutes les taches de la nuit, c'est une sorte de voirie de l'âme. Aujourd'hui celle-ci ne dira rien que de pur."

Philippe Jacottet (La promenade sous les arbres, Bibliothèque des arts, 1996, p. 53)