vendredi 29 novembre 2013

La vie dans les plis



  Le Cheval de Turin : tel est le titre du dernier film de Belà Tarr couronné par l'Ours d'Argent au festival de Berlin 2011. Il a, entre autres qualités (j'ai honte de dire que je ne n'en ai vu que des extraits, mais ce film a l'air très beau), une affiche qui présente... un excellent sujet pour les drapés ! 

Voilà qui occupe plusieurs des élèves de l'Atelier, 
ces temps-ci, pour un exercice monochrome tout en nuances.

Tout d'abord, l'étape du dessin permet de comprendre le jeu des plis et des vêtements superposés. (En décalquant, ce qui, je le sais, tente parfois certain-e-s, on se priverait de la compréhension nécessaire à la justesse des coups de pinceau).  
Ici j'ai accentué les traits et mis un jus coloré, mais il va de soi que le dessin préalable doit rester au crayon, le plus léger possible.


 Un exercice possible est celui de la copie, de la transcription la plus fidèle possible des effets de la photographie. Même là, il suffit de voir que chacun va proposer sa vision. Voici la mienne, exécutée sur le papier Dalbe 300 g qui n'est décidément pas fameux pour le travail dans le mouillé, mais permet des auréoles dont je vais tâcher de tirer parti.



 Il est très intéressant, une fois ce premier exercice réalisé, de reprendre le dessin et de s'attacher cette fois-ci à rendre compte, de manière simplifiée, de la dynamique des tissus volant dans le vent. De cette façon on quitte la copie pour l'interprétation (Si vous avez envie de tenter l'exercice, cachez mon modèle et repartez de la photo originale.)


 Les cours d'Atelier passent, les versions se multiplient, et chacune, par le choix des couleurs, leur intensité ou leur paleur, la finesse ou non des coups de pinceaux, la précision des traits... porte la marque de son auteur.



 A vous de jouer !

(Mais pourquoi donc "Le cheval de Turin" ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire de cheval ? Il s'agit d'une référence toute philosophique : en 1889, à Turin donc, Friedrich Nietszche a une altercation avec un cocher qu'il surprend en train de fouetter son cheval. Le philosophe enlace le cheval, l'embrasse et est ramené chez lui, en larmes, où il sombre dans une démence dont il ne sortira plus. Le film raconte l'histoire du cocher.)  
La bande annonce du film est ICI et permet de mieux comprendre le jeu des vêtements portés par cette jeune fille qui affronte le vent.
Merci à Filip qui avait, le premier, flashé sur ce sujet.

21 commentaires:

  1. On a pas idée de mettre des cotillons aussi compliqués !!! En s’habillant le matin, elle aurait pu penser cette jeune fille, que des fous tenterais de la peindre et enfiler un vêtement tout simple... une jupe droite, et un tee shirt auraient été parfaits....

    RépondreSupprimer
  2. Réponses
    1. oui, magnifique , mais si dur à réaliser, en tous les cas en ce qui me concerne...mon aqua ne figure pas sur le blog!!!c'est dire..
      Cependant suis décidée à recommencer car c'est en se plantant, en cherchant que j'avance..

      Supprimer
    2. Oh, Odile !... Je ne sais même pas quelles photos je mets sur le blog, quand j'aligne vos mains, comme ça. Si ça se trouve, tu n'avais juste pas assez avancé quand j'ai pris les clichés. Ne vois aucune intention là-dedans.

      Supprimer
  3. BONJOUR CHRISTINE
    je profite de ce petit message pour te dire que ce n'est pas la même époque et que les femmes (nos grands mères) étaient souvent confrontées au dur labeur de la terre
    c'était ingrat , dur et elles mettaient les chaussures qu'elles pouvaient ;;;voir seraphine, l'angelus de millet
    je ne voudrais pas être mises au défi d'aller ramasser les betteraves dans le froid ,même avec de bonnes chaussures;;c'est perdu d'avance...je n'ai pas la résistance
    ELLES savaient ce que travailler durement voulait dire...
    je sais que tu plaisantes.. , c'est juste que je pense souvent que l'évolution a du bon;;;tout de même
    bises dile

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Signe de cette évolution, nous ne sommes pas obligées d'aller ramasser les betteraves dans le froid et le vent, emmêlées dans nos jupes, mais chaudement installées dans un Atelier douillet, nous nous contentons de râler devant la difficulté de peindre ces jupes qui volent, en sirotant une tasse de thé souvent accompagnée d'une petite douceur..... Bises Odile.

      Supprimer
    2. Bénissons un peu le progrès, nous qui portons jupes droites et tee-shirts, et qui devrions chaque fois nous émerveiller (j'avoue que ça m'arrive) de voir l'eau couler quand je tourne le robinet, et la lessive se faire en mon absence.

      Supprimer
    3. oouai .......MAIS moi, les filles je butte mes patates...ET vais vite au coin du feu ensuite
      mais les butte encore
      car sans engrais pesticides et autre
      FAUT savoir ce que l'on veut
      je vous invite à venir manger des frites mais de préférence le MARDI

      Supprimer
    4. ben!!ce qui me tombe sur les épaules.
      et là binette d'une main et buttoir de l'autre
      je butte bêche..ET surveille du coin de l'oeil
      celui qui viendra "me donner la main" ..C'st une expression d'ici...il m'arrive d'attendre...ET de finir...

      Supprimer
  4. Ca a l'air vraiment très dur ces drapés, je compatie avec Odile, mais ce doit être très intéressant de travailler dans votre groupe. Quelles belles idées, c'est comme les torchons d'Hervé, je m'en vais tout de suite en parler à ma prof qui n'a plus vraiment d'ídées à nous proposer à part des fleurs ( que je déteste peindre ) et des paysages de Toscane ( ras le bol )
    Ne croyez pas que je la critique, je l'aime beaucoup, elle a 70 ans et je pense qu'elle commence à être à cours d'idées :-(

    RépondreSupprimer
  5. vite;;pour les idées il ne me reste que peu d'années.....

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ne t'inquiète pas Odile, je crois que tu n'es pas menacée par le manque d'idées !

      Supprimer
    2. oui; j'ai ou j'essaie de tenir le rythme de la créativité du mieux que je puisse...
      je suis sur mon dernier tour de piste...
      ALOrs je le négocie au mieux...
      j'ai un petit vélo et je pédale pédale sans surtout m'arrêter ;;dans l'élan .............je vis , respire, et suis heureuse de partager avec vous tous cette belle AVENTURE de l'aquarelle DILE

      Supprimer
  6. Je dois avouer que dans ce cas précis, je préfère la copie à l'interprétation :-). Mais de toute façon, ce n'est pas ce que j’appellerais une copie.

    RépondreSupprimer
  7. This is really beautifullt painted in monochrome

    RépondreSupprimer
  8. Superbe interprétation...je tenterais bien de le refaire :-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Eh ! Vas-y, et montre-nous. Faire et refaire...

      Supprimer
  9. Quel beau nom. Bleu de Prusse. J'aime. Merci beaucoup pour mettre en évidence mon travail.
    Cordialement

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci beaucoup de votre visite, Ricardo ! Je suis contente de pouvoir partager avec d'autres l'enthousiasme que suscite votre peinture.

      Supprimer
    2. c'est pas que beau;;ricardo..CAR atelier bleu de prusse
      ca se croque..Ca se ...

      Supprimer