mercredi 26 novembre 2014

Carnet de guerre (fin)

 

Avant de se trouver en 1916 entre la Somme et la Meuse, mon arrière-grand-oncle Léon (voir posts précédents) avait été, comme de nombreux soldats français, fait prisonnier dès l'automne 1914. Il ne sera libéré qu'en 1915. En tant que médecin, il est envoyé à Osnabrück (Basse-Saxe)...  où il peut méditer tristement sur l'article 9 de la Convention de La Haye, qui interdit la séquestration des personnels médicaux :



Situé en Basse-Saxe, Osnabrück est l'un des principaux camps de prisonniers allemands. Il est réservé aux officiers. Les conditions de détention y sont meilleures que dans la plupart des camps pour simples soldats. Léon y précède notamment - il y fut transféré en 1916 et tenta de s'en évader -  un certain lieutenant Charles de Gaulle...



Le principal ennemi du prisonnier ? L'ennui, qui suinte de chaque page. D'où ces dessins soignés, mélancoliques, dix fois repris. Et même une dizaine de pages, que je vous épargne, où Léon a méticuleusement recopié le règlement (en allemand) du camp.



Libéré en 1915, Léon repartira au front, et nous offrira les croquis par lesquels j'avais commencé cette série de posts. 

A la fin de la guerre, son père, Henri (mon arrière-arrière-grand-père, donc), soulagé de voir revenir indemnes ses trois fils et son gendre, écrira un poème - coutume familiale, on rimaillait à tout va - un poème très émouvant qui énumère les destructions de la France mais que par trois fois rythme ce vers : "...Dieu soit loué nos fils sont chez nous revenus". En 1918, elles ne furent pas si nombreuses, les familles qui ne comptèrent aucun mort ni aucun blessé.


lundi 24 novembre 2014

Carnet de guerre (suite)


Le carnet de guerre de mon arrière-grand-oncle Léon, outre les croquis au crayon présentés au post précédent, contient quatre dessins plus complets, dont trois aquarelles. Peut-être ont-ils été réalisés lors d'une pause à l'arrière.
Villes-sur-Saulx, Le Crocq, Saurupt : trois petites communes de la Meuse et de l'Oise  épargnées alors par les combats. L'ambiance ici est celle d'un temps arrêté, bien loin des souffrances de la guerre. Pourtant, nous sommes à quelques kilomètres seulement de Bar-le-Duc et de la Voie Sacrée, sillonnée en permanence par les camions. Car depuis février, la bataille fait rage à Verdun.




(cliquez sur une image pour l'agrandir)

samedi 22 novembre 2014

Carnet de guerre


La période est propice aux oeuvres de mémoire. De retour des champs de bataille de Verdun où j'ai conduit hier un troupeau d'adolescents qui ont - il faut nous en réjouir - bien du mal à se figurer ce qu'est une guerre, l'envie me prend d'évoquer la mémoire de l'un des membres de ma famille. 

Léon Lescoeur (1884-1962) partageait avec nombre de mes ascendants et beaucoup de ses contemporains  le goût du carnet de croquis. 
C'était mon arrière-grand-oncle.

En 1914, il part pour le front. Fait prisonnier puis libéré quelques mois plus tard, il se trouve sur le front de la Somme à l'été 1916. Un crayon à la main, un petit calepin sur les genoux, il saisit la vie quotidienne des soldats. J'aime la façon dont il a su croquer ces poses à l'heure de la pause ou à celle du guet.




Sentinelles :



 Combat ou exercice ?


Le 6 août 1916, par exemple, il dessine l'église bombardée d'Arvillers, 
dont j'ai retrouvé une carte postale datant de la même époque.


Le dessin comme un moyen de tenir à distance la peur. 
Comme un moyen de rester des hommes face à la peur.  
La page blanche comme un petit - si petit - espace de liberté.



mercredi 19 novembre 2014

Préparons les fêtes !

   

Novembre, déjà ! 
Il temps de penser à nos cartes de Noël !  
Home made with love, of course.
Je vous convie donc à notre traditionnel
samedi  "Cartes de voeux"  
le 13 décembre prochain. 
Je vous proposerai un ou deux motifs faciles à reproduire,
 de façon à ravir tous ceux avec qui vous avez envie de partager 
de doux voeux à l'approche de la fin de l'année... 
 Vous avez le choix entre le matin (9h-midi) et l'après-midi (14h-17h). Inscrivez-vous vite ! 
tarif : 25 euros (20 pour les élèves de l'Atelier).

• 
Dijonnais, sachez aussi que je serai présente 
à la journée artisanale du lycée Saint-Joseph 
dimanche prochain 23 novembre toute la journée. 
Plus de 50 artisans y exposent. 
J'y proposerai cartes postales, livres et  petites aquarelles. 
N'hésitez pas à passer faire un tour.

Saint-Joseph, 39 rue du Transvaal à Dijon
de 10 h à 17 h.

lundi 17 novembre 2014

Un dimanche d'automne


Hier à Dijon avait lieu un stage d'automne un peu exceptionnel : l'Atelier Bleu et l'Atelier au Fil de l'Eau s'étaient associés pour proposer un dimanche "à quatre mains" sur le thème des couleurs de l'automne.




Deux groupes, deux professeurs, deux thèmes d'étude, en alternance.Tandis qu'Hervé (Espinosa) décryptait avec un groupe d'élèves les mystères du feuillage et des sous-bois, j'explorais avec d'autres  la palette de couleurs chaudes que peut contenir un panier  de novembre.


Recherche du geste et décomposition des accords de couleurs, travail en pas à pas et dessin sur le motif : nous avons tenté d'être complets sur un sujet qui pourrait demander des jours entiers de cours ! Au passage, nous avons inauguré avec plaisir la grande salle du Centre, rue de Chenôve, et découvert le midi la cuisine chaleureuse de Vincent.
(le restaurant ouvrira mi-janvier, on a eu droit à une avant-première !)




Le prochain dimanche "à quatre mains" aura lieu le 18 janvier prochain et sera consacré à la peinture du corps humain : approche théorique et travail avec modèle vivant - pour obliger chacun, encore une fois, à trouver "le geste juste".
Il reste une poignée de places, inscrivez-vous vite ! 

liens : 
Atelier au fil de l'Eau
Blog d'Hervé Espinosa
Site du Centre

vendredi 14 novembre 2014

Art postal


Je dois à Charlotte (du blog "Vivre en Bretagne") de m'avoir initiée 
à la pratique  ludique et créative de l'art postal 
Il était normal que je lui envoie l'une de mes tentatives.
Il faut dire qu'elle m'avait un jour envoyé ceci :  


Joli, non ?

A l'occasion d'un échange d'art postal lancé par ladite Charlotte, 
les objets postaux non identifiés ont circulé. Ainsi ce zèbre...


 Marion (du blog "l'Atelier du Tricot Rayé") est une autre pratiquante 
de cet art subtil. J'ai reçu d'elle - le croirez-vous ? - ceci : 


Les boites de sardines circulent donc fort bien par la Poste, sachez-le : 
il suffit de les affranchir convenablement !

mercredi 12 novembre 2014

mardi 11 novembre 2014

Carpe diem


On ne devrait jamais aller visiter le paradis : 
il est trop difficile d'en revenir.




 (Port-Cros / Porquerolles sur l'Insolite, octobre 2014.)


samedi 8 novembre 2014

Georges, le berger des mots

Mais que fait donc Georges-Mouton, cerné par la marée montante 
de dizaines de pages piquetées de tout petits mots noirs ?


C'est le berger des mots : il veille sur le manuscrit de mon prochain livre. Comme moi, il éprouve le besoin de tout étaler par terre 
pour obtenir une vue d'ensemble. 
Comme moi, il se dit qu'il n'y a plus guère de place sur le tapis 
et que, si je veux écrire un ouvrage plus long, 
il va falloir déménager.


Et si dans le décor apparaissent quelques cadres 
- sur lesquels il veille aussi -
c'est parce que nous préparons également plusieurs expositions.

Heureusement que nous sommes deux !

• davantage de mots, à tout petits murmures, sur Still Life.