mardi 23 septembre 2014

Référence : Alphonse Mas et Le Verger



Puisque l'Atelier ces temps-ci a le nez et les pinceaux dans le verger, puisque les poires (avant les pêches cette semaine)  ont occupé une grande partie des élèves lors de leur premier cours de l'année, il est intéressant d'évoquer la figure de ce grand passionné de fruits qu'est Alphonse Mas (1817-1875). 

Né à Lyon, il poursuit d'abord des études scientifiques, mais c'est finalement la botanique et l'horticulture qui le passionnent. En 1843, Il s'installe à Bourg-en-Bresse où il crée ce qu'il appelle  un "jardin d'expériences". Il se consacre dès lors à l'étude de fruits et à l'enseignement. Il intervient notamment au sein de la société pomologique de France. A sa mort, son jardin comptait plus de 8 000 espèces d'arbres dûment étiquetés et répertoriés. 


Il crée aussi de nouvelles variétés : la poire "Alexandrine Mas" (en haut)  est ainsi dédié à celle qu'il épousa en 1843 et qui, à sa mort, poursuivit et acheva l'oeuvre d'édition de son époux.

Le classement, l'inventaire, voici ses passions. Il publie  trois ouvrages qui font encore aujourd'hui référence :
Le Verger – 8 volumes (1865) superbement illustré à l’aquarelle.
Le Vignoble – 4 volumes en collaboration avec V. Puillat
La Pomologie Générale – 12 volumes  illustré de dessins « au trait ».


Dans Le Verger, 796 aquarelles, essentiellement réalisées par le peintre, professeur de dessin puis conservateur  du musée de Brou Bernard Peingeon (1819-1873), servent à la réalisation de chromolithographies qui restituent merveilleusement le caractère propre de chaque fruit.






N.B. : Je n'ai illustré cet article que de poires : amoureux des fruits, angoissés de la pêche, frustrés de la prune, l'affaire est donc à suivre !

 Liens : 
Pour feuilleter quelques aquarelles de Bernard Peingeon
Pour en savoir plus sur Alphonse Mas et son oeuvre
Pour accéder au scan complet du Verger


7 commentaires:

  1. Merci Anne - —très intéressant. (Up)

    RépondreSupprimer
  2. Ces illustrations sont fabuleuses. Ce doit être très émouvant de les avoir sur papier dans un ouvrage d'époque.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vous avez raison, rien ne peut remplacer le plaisir du papier. Je crois qu'ils sont notamment consultables à Bourg-en-Bresse mais je n'en suis pas sûre.

      Supprimer
  3. Elles sont incroyables ces poires!!!

    RépondreSupprimer
  4. Toutes poires qu'elles sont, je préfère les tiennes. Car elles vivent, elles parlent d'autre chose que la poire. Elles nous parlent de la beauté du monde et de notre rapport à lui et à elle. Tous les pomologues de l'histoire ne sont finalement parvenu qu'à créer des fruits qui pour pousser ont besoin de dizaines de pesticides pour finir dans un rayon de supermarché. Ils ont oublié la pomme originelle qui survie au Kasakhstan mais dont l'espace géographique se réduit dangereusement. Et elle, n'a besoin d'aucun produit pour pousser.
    Ce que l'on voit dans tes peintures n'est pas la fidèle restitution de la réalité, mais l'émotion qui te relie aux chose. Ce qui est véritable en fait.
    Puisse un jour les scientifique quitter la réalité pour vivre la vérité du monde. Le tienne, la mienne, la votre.

    RépondreSupprimer
  5. Merci Anne pour ce partage : les liens sont particulièrement intéressants !
    Hervé est passionné , il me semble , un futur pomologue ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La science et l'art ont toujours eu du mal à se mettre d'accord. La multiplicité des espèces de pommes, de poires, etc. est aussi le résultat d'un travail pluriséculaire de sélection, à partir de ce seul pommier kazakh, peut-être. Et tous les fruits n'ont pas besoin de pesticides, il me semble que c'est une caractéristique des fruits que privilégient les pratiques culturales actuelles.

      Mais je suis tout-à-fait d'accord avec Hervé sur le fait qu'en tant qu'aquarelliste, c'est l'émotion qui me relie à mon sujet, que j'ai envie de représenter.

      Supprimer