vendredi 30 mars 2018

Tâtonnements

Je vous l'ai dit dans le post précédent : je reprends les pinceaux après plusieurs mois d'interruption. J'hésite, je tremble et je tâtonne. Alors je me suis dit qu'il pouvait être amusant de vous raconter lesdits tâtonnements, histoire que vous ne croyiez pas que l'angoisse de la page blanche est réservée aux novices ! 

Petit récit d'un dimanche après-midi : 


1 - 14h. Ayant découvert dans mes stocks du papier inconnu et non identifiable, mais clairement 100 % coton et de plus en 600 g/m2 (quel luxe), je décide de le tester en me lançant directement en grand format. Oui, j'ai envie de faire de vastes gestes (un grand format, pour moi, c'est du 30 x 40 cm, hein : ne nous emballons pas...) Je sors mes pigments Daniel Smith parce que je viens d'animer un stage avec et que j'ai envie de patouiller un peu, moi aussi. A peine quelques marques au crayon. On y va dans le mouillé !


2 - 14h45. Hmm... : Ce papier ne réagit pas comme je le voudrais : il refuse d'ouvrir des blancs, marque trop vite et manque de netteté. Peut-être n'a-t-il pas été très bien conservé, j'ai l'impression qu'il "boit". Pas grave, je continue, au pinceau et à l'éponge.


3 - 15h30. Ouais, bon :  pourquoi pas ? Je suis assez contente de ma palette (zoïsite, undersea green, gold green, outremer, quinachridone gold), beaucoup moins du papier et de l'imprécision de mon trait. Et puis je suis trop revenue sur les zones, ça brouille encore les contours. Et puis je n'arrive pas vraiment à rendre ce qui me plaisait dans le sujet de départ (une photo faite au petit matin en Auxois, début octobre). Et puis...


4 - 16h30. Après avoir bu une tisane et débattu avec moi-même, je rajoute un "jus" d'or vert (green gold, une merveille) pour rafraîchir le tout et un envol de pigeons pour mieux traduire le sentiment qui était le mien devant ce pré, au matin, la brume se dissipant peu à peu... C'est un peu téléphoné. Mais je me dis que je le referai, sur un papier que je connais (vive le Sennelier !) et d'une main un peu plus sûre. Mais l'après-midi, quoi qu'il en soit, a été bonne ! Une après-midi passée à peindre ne saurait être perdue.

mercredi 28 mars 2018

Comme une reprise



Je sais bien que Bleu de Prusse est censé être un blog d'aquarelle, mais il faut bien se rendre à l'évidence, ces derniers mois, la peinture, la mienne, a connu une drôle d'éclipse. Hervé n'était pas seulement mon compagnon, mais aussi (j'avais cette chance) l'homme en compagnie duquel je peignais, avec qui je contemplais, explorais, expérimentais, prenais le monde en notes. Il n'est plus là. Bonheur du partage, désarroi de la solitude. Je l'avais fait "avant" lui. ; il va falloir trouver un "après". Il me faut du temps pour réinventer une autre manière de prendre les pinceaux. 
C'est ce à quoi je me suis essayée ce week-end. Ce n'était pas évident. Le papier, les pigments, le sujet... : tout me résistait. 


Ce n'est pas du tout parfait, ni même satisfaisant. 
Mais c'était bon. 
Et lui, l'amoureux des formes, l'homme qui regarde, n'était pas loin. 
Peindre, ce sera aussi, désormais et dans la joie, se souvenir.


lundi 26 mars 2018

Quinze uraeus : vingt-et-unième Défi des Mots étranges

Chantal D. de Fontaine-lès-Dijon

Avec ce vingt-et-unième Défi, l'atelier se mettait à l'heure égyptienne, puisque l'uraeus est le cobra dressé qui orne la couronne du pharaon. En voici toute une série de versions, aux couleurs que le temps a magnifiquement conservées !

(La vie des poseuses de défis stupides : personnellement, j'ai trouvé que la lettre "u" mettait particulièrement ma sagacité en difficulté : il n'était pas évident de trouver un mot peu courant ET néanmoins représentable commençant par "u", figurez-vous).

Chantal B. de Loire-Atlantique

Christiane de Dijon

Patrice de Dijon

Denise de Dijon

Chantal S. de Dijon

Christine de Beaune

Mounia de Toulouse

Marie de Dijon
Lilabees


Brizou de Merdrignac

Emilie de Chagny

Izys de Paris

Serge de Dijon

Et puisqu'on en parle : certains jours, avouons-le, j'aimerais bien partir vivre sur la planète Uraeus telle qu'ici décrite par notre fantasque Virginie ! Pas vous ?



Jolie récolte, donc ! Bravo et merci.

On change de lettre, on change de période aussi, 
et pour le mardi 16 avril 
(ah oui : là, vous avez carrément du temps...), 
on me dessine 

un vertugadin.

A vos pinceaux !

samedi 24 mars 2018

Petits Poèmes de Poche : trois nouveaux opus


Petite rencontre sans prétention de la plume et du pinceau,  les "Petits Poèmes de Poche" continuent d'agrandir leur collection. En voici trois nouveaux en l'honneur du printemps. Nouvelle du Jour, L'almanach du jardinier, Lux perpetua : trois petits leporellos aquarellés à glisser dans sa poche - ou dans celle d'un ami.


Chaque série d'aquarelles est tirée à une vingtaine d'exemplaires sur un beau papier épais grain nuage, les carnets sont assemblés, pliés et collés à la main et recouverts d'un joli papier népalais. Ils sont en vente dans la boutique en ligne ou à l'atelier, au prix de 10 euros.

jeudi 22 mars 2018

Printemps silencieux

Oui, ça y est, c'est le printemps. 
Oui, les merles chantent et ça nous fait chaud au coeur. 
Oui, les mésanges commencent leurs "twitt, twitt" joyeux et les jours rallongent. 

Et pourtant...

" Le déclin des oiseaux est vertigineux. En moyenne, leurs populations dans les campagnes se sont réduites d’un tiers en quinze ans seulement. Et ces deux dernières années, l’hécatombe s’est encore accélérée
« 33 % d’oiseaux en moins dans les zones agricoles, bon sang, nous ne nous attendions pas à des pourcentages pareils, commente aujourd’hui Grégoire Loïs. Comprenez bien : il ne s’agit pas seulement des zones où se pratique une agriculture particulièrement intensive. C’est une moyenne sur l’ensemble du territoire, aussi bien dans les grandes étendues beauceronnes que dans les zones bocagères de l’Ouest. Et cela touche les espèces dites “spécialistes”, c’est-à-dire adaptées à l’habitat agricole, comme les “généralistes”, que l’on est censé trouver un peu partout. Voilà qui présage de nombreuses extinctions régionales. » (in Télérama, cliquer ICI)


Cette semaine, le dernier rhinocéros blanc mâle d'Afrique est mort. 
A Paris, il paraît que les moineaux sont devenus une espèce rare. Les moineaux !...
Le coeur me manque devant une telle catastrophe et tant d'inertie. Les mondes politiques et économiques se moquent du moineau, de l'alouette, et même du rhinocéros. Et nous ? 

J'ai bien peur que, comme vient de le déclarer notre ministre de l'environnement "tout le monde s'en fiche".


lundi 19 mars 2018

Hors piste

Maguy

Créativité et lâcher prise : tels étaient les mots d'ordre du stage de samedi dernier à l'atelier. Une journée un peu particulière, consacrée à l'expérimentation, au barbouillage et à la patouille !
Parce que vouloir à toute force la réussite, l'exactitude, et la conformité à un sujet peut s'avérer un piège, il est bon, parfois, de se mettre à l'écoute d'autres dynamiques. De faire confiance à l'eau, de s'en remettre aux pigments.

Christine

Nous avons donc convoqué le sel, le cellophane, l'éponge et la brosse à dents, éclaboussé, auréolé, fait couler, peint en séries et en timbres poste... et abandonné, pour une journée, toute idée de modèle. 




Les résultats s'avèrent captivants. Décevants parfois, fascinants aussi... Reste l'espoir d'avoir emmené, pour une journée, les stagiaires un peu en dehors des pistes. A elles de continuer l'aventure. Et d'en nourrir leur démarche de peintre.

Christine

Jacqueline

Cathy

mercredi 14 mars 2018

"Du paysage avant toute chose"


 
Alors que ma Sagesse de l'Herbe fait un joli démarrage chez les libraires et que je m'apprête à la défendre de salons en dédicaces, les éditions Transboréal publient une petite interview de ma pomme, à retrouver ICI.  Je ne saurais trop vous inciter, d'ailleurs, à vous balader sur leur site, complet, plein de richesses (et d'affreuses incitations à acheter de nouveaux livres...)





Quelques rendez-vous pour les deux prochains mois : 

• Je serai dimanche prochain 18 mars au salon de Nuits-Saint-Georges
• Samedi 24 mars après-midi, dédicace à la librairie Grangier de Dijon
• Du 16 avril au 3 mai, petite expo et temps de rencontre dans le caveau de la boutique Underground, rue Charrue à Dijon
• Le 27 avril, animations "carnets de voyage" à la médiathèque Port-du-Canal de Dijon
• Le 28 avril, rencontres buissonnières à Cîteaux
• Le 29 avril, salon du livre de Chevigny-Saint-Sauveur (21)
(• sans oublier deux stages, les 17 mars et 7 avril, mais ils sont complets)

Quand je pense que dans tout ça il va falloir trouver le temps de faire les cartons et de préparer un déménagement...
 

lundi 12 mars 2018

Seize tichodromes : vingtième Défi des Mots étranges

Serge de Dijon

Après le papegai, après le francolin : c'est encore un oiseau qui rejoint notre dictionnaire biscornu. Le très joli tichodrome échelette est le seul représentant de son espèce, les tichodromae ; oiseau des falaises et des sites montagneux (j'en ai rencontré dans les gorges du Doubs), il est aussi appelé l'oiseau papillon (et, improprement, par la grâce douteuse d'internet, "trichodrome", car rien n'est plus contagieux qu'une erreur qu'on recopie un peu trop vite). Les propositions sont somptueuses et vous le font voir sous toutes ses coutures.

Evelyne de Fribourg

Brizou de Merdrignac

Marie de Dijon
Lilabees

Patrice de Dijon

Christiane de Dijon

Emilie de Chagny

Christine de Beaune

Chantal S. de Dijon

Denise de Dijon

Izys de Paris

Mounia de Toulouse

Chantal D. de Fontaine-lès-Dijon

Chantal B. de Loire-Atlantique

Sauf si, sauf si... voici notre traditionnelle, virginienne et toujours désopilante version alternative :

Virginie

Bravo à toutes et à tous ! Honte à moi qui une fois de plus suis en retard... On passe la barre des vingt défis, les carnets se remplissent, plusieurs d'entre vous sont en plein rattrapage et je mets souvent à jour, ces temps-ci, les articles précédents. 

Alors rendez-vous un evingt-et-unième fois (!) dans quinze jours, le lundi 26 mars au matin, pour découvrir ce que nos artistes vont interpréter pour illustrer ce qu'est 

un URAEUS . 

Bonne semaine à tous.