samedi 3 février 2018

Publication en "figure libre"


Il n'y aura en définitive eu la place que pour l'une des deux illustrations que j'avais conçues pour l'occasion (mais peu importe) : la revue Etudes vient de publier dans ses Carnets Culturels la "Figure libre" qu'ils m'avaient proposée, sous le titre "Mon frère l'arbre" (numéro 4246 de février 2018). Vous pouvez vous procurer la revue, voire même consulter l'article en ligne  en cliquant ICI

"...Je les ai aimés.
Ils m'ont veillée.
Tant de troncs et de houppiers, tant de feuilles, de bourgeons, de glands, de châtaignes et de samares. Tant d'écorces rugueuses plus familières que des peaux. Les poches bourrées de marrons bien cirés aux premiers jours d'automne. La caresse argentée des doux chatons de saule. Le parfum enivrant des feuilles de peuplier. Les pommes aigres maraudées dans les vergers en friche, les cerises en boucles d'oreille écarlates…
Ma vie, comme un jardin un peu mal fichu, par endroits envahi de sauge et de pissenlits, ma vie comme un parc dont on peinerait à retrouver le dessin, ma vie est plantée d'arbres..."

Parce que les arbres sont nos bergers, parce qu'ils nous veillent du premier au dernier de nos jours, Hervé - qui marche à l'ombre du châtaignier peint à l'encre - Hervé chemine encore à l'ombre de ces phrases écrites auprès de lui, par et pour lui.

"...Et pourtant, sous l'écorce, la promesse demeure. Dans la vie qui s'endort, la vie est encore là. Un chat noir, une pie. Deux moineaux bavards. Hier, un écureuil… Les arbres veillent sur toi : dors, mon cœur, dans la chambre cernée de feuilles. Comme toi, comme nous, ils ignorent tout du printemps qui vient. De l'espoir. De la Pâque."

Ne soyez pas heurtés. Accueillez-le. Faite-lui place, comme j'apprends, jour après jour, à faire place à ce qui pourtant semble impossible à supporter. C'est ainsi que se poursuit le chemin, et les arbres le baignent d'une ombre bienveillante.

13 commentaires:

  1. Bonjour Anne,
    je suis bouleversée par vos quelques lignes tellement pleine de la vie et qui veulent nous cacher quelquefois le chagrin des jours sans l'autre.
    Je vous lis régulièrement, je trouve en parcourant vos publications beaucoup de la force qui me manque parfois ... Vos dessins sont toujours empreints d'une sensibilité apaisante ...
    Je pense à vous. M

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    1. Merci, M, de votre message, de vos passages discrets. Je vous souhaite de la force et de la douceur.

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  2. Such great drawings mingle with sadness

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    1. Difficile de se débarrasser de la tristesse.
      Continuer quand même, et faire avec.

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  3. anne c 'est émouvant splendide.. quelqus larmes non il ne faut pas l'encre noire ne va pas aimer du tout!!

    je me souviens du tilleul chateauneuf ou n'ai pas manqué chaque fois d'envoyer petit message a hervé

    nous l'avions croqué
    fou rire lorsque hervé regardant mes balbutiements de débutante avait dit oh mais tu peins un peu comme le faisait les impressionnistes et toi assez dubitative
    fou rire!!!
    en fait je dors chaque fois sous cet arbre profondement en communion et il me recharge
    tu es d'accord hervé l'aimait?
    tu te mets à nu dans cette si jolie déclaration d'amour cette force qui habite les grands écrivains tu nous fais partager et comprendre que lorsque la couleur nous habite , elle nous construit , merci
    merci dile

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    1. Oh, oui ! Le tilleul de Châteauneuf... Il abrite beaucoup de souvenirs. Hervé l'avait magnifiquement peint, c'était l'une de ses peintures préférées, qu'il s'est malheureusement fait dérober lors d'une exposition.
      Et nous avions, souviens-toi, organisé sous son ombre un pique-nique mémorable.
      Les arbres nous accompagnent...

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    2. Ah non vole le tilleul? Ne nous laisse pas succomber a la tentation!! Un qui n a pas resiste!!

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  4. https://www.deepl.com/translator
    Salut Anne, c'est ce que j'utilise. J'ai donc bien reçu votre message. Merci pour votre commentaire. Je recommande DeepL sur le traducteur Google. I enjoy your work very much.

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  5. Quelle belle sensibilité que ces quelques lignes, merci Anne qui sait nous remuer si profond

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  6. Coucou Anne,
    J'ai lu avec beaucoup d'intérêt ton texte "Mon frère l'Arbre" que je trouve très beau, très bien écrit, et dans lequel je me retrouve parfois aussi.
    J'espère (j'en suis sûre en fait) avoir autant de plaisir et d'émotion à lire tes livres "Sagesse de l'Herbe" et "Les Bonheurs de l'Aquarelle" que je me suis procuré récemment.
    J'aimerai savoir si je peux utiliser des extraits de ton texte "Mon frère l'Arbre" pour agrémenter un article de mon blog, tout en te citant et en renvoyant vers le texte intégral bien sûr ?
    Je t'embrasse.
    Marion

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    1. Merci Marion de suivre mon travail d'écriture. Et je serais ravie et honorée que tu utilises des extraits de mon texte : j'ai vu que tu t'étais mise aux arbres, toi aussi !
      Je t'embrasse.

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  7. J’ai découvert votre texte en lisant la revue études avec un peu de retard. Merci pour ce moment de lecture, de peinture et d’évasion car qui mieux que des arbres peuvent nous permettre de nous transcender et nous faire évader. J’ai donc voulu savoir qui vous étiez et j’ai découvert votre blog. Bravo pour votre témoignage de vie et d’espoir et pour le partage de ces moments qui nous permettent d’échapper au quotidien.

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    1. Merci à vous pour votre lecture attentive et votre message.

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