jeudi 9 février 2017

Les bons outils (2) : masquer


 La question de ce qu'il faut masquer avant de commencer une peinture se pose immanquablement à l'aquarelliste, qui n'ayant pas recours au pigment blanc, connaît toute l'importance de préserver le blanc du papier.

• Ma vie a changé le jour où j'ai découvert le scotch de masquage, qui permet enfin d'offrir à mes aquarelles des bords nets. S'il est vendu à prix d'or au rayon beaux-arts, il l'est également, souvent en promotion, dans les magasins de bricolage où il permet de protéger le bord des plinthes ou des fenêtres des coups de pinceaux maladroits. On le pose bien droit, on peut peindre dessus, on l'ôte précautionneusement (et éventuellement en le chauffant préalablement au sèche-cheveux afin de ramollir la colle et ainsi de ne pas arracher le papier) : et la peinture s'arrête bien proprement. 
Un autre de ses avantages est que l'on peut continuer le mouvement "hors cadre", évitant ainsi les coups de pinceau qui se déforment en arrivant au bord du tableau. On y repousse l'eau en trop. On y dépose la peinture en attente... 
Disons-le carrément : le meilleur moment du tableau, c'est dorénavant celui où l'on ôte le scotch !


• Puisque nous parlons scotch, les jolis rubans à motifs décoratifs proposés aux amateurs de scrapbooking  deviendront vite indispensables à ceux qui pratiquent en atelier... et ne veulent pas s'emmêler les pinceaux avec ceux de leur voisin de table. Tous mes pinceaux sont ainsi équipés, ce qui évite qu'un élève distrait ne parte par erreur et pour une semaine avec mon pinceau favori.

• Enfin, le "masquage" pose la question du liquide de masquage, ou drawing-gum, d'usage contestable, mais parfois incontournable pour préserver un blanc en aquarelle. Ils 'agit d'une sorte de liquide visqueux souvent à base d'ammoniaque (d'où une odeur propre à réveiller les morts), qui sèche sur le papier, supporte le passage du pinceau et s'ôte par simple frottement après qu'on ait fini la peinture. Quelques conseils de base :

- vérifier la compatibilité de son liquide de masquage et de son papier (certains papiers n'en supportent aucun)  : personnellement et après avoir tout essayé je crois, je préfère la marque pébéo,  qui s'entend assez bien avec mon 300 g papier Sennelier grain fin.
- ne pas conserver son flacon plus d'un an : ça vieillit, ça durcit, ça s'ôte de moins en moins bien et ça arrache le papier.
- bien laisser sécher avant de peindre, mais ne pas sécher au sèche-cheveux, qui peut brûler le liquide et l'incruster dans le papier (ô joie, on ne s'en aperçoit qu'à la fin...)
- ne pas laisser le liquide trop longtemps (plusieurs jours) sur le papier.
- éviter les liquides teintés, qui teintent aussi votre feuille....
- nettoyer la peinture qui a pu se déposer sur le drawing-gum avant de commencer à l'enlever, sinon vous allez en mettre partout.

- Et surtout : NE JAMAIS poser le drawing-gum au pinceau. Les poils se collent et le pinceau peut partir à la poubelle. Dans la série des idées qui vont bien et que je ne trouve jamais énoncées nulle part, celle qui consiste à utiliser des pinceaux à modeler  pour le poser est brillante : ils ont un embout caoutchouc à la place des poils, et se nettoient par simple frottement entre deux doigts. J'en ai cinq ou six, de taille et forme variées. On peut aussi utiliser une plume.


Attention : l'usage du drawing-gum, qui apparaît comme une facilité aux débutants, est traître et doit être le plus limité possible ! Difficile en effet de travailler en finesse avec cette pâte épaisse.  En dernier recours et pour les détails très fins, on peut préférer utiliser (à la plume par exemple pour des moustaches de chat ou des étamines de fleurs) du blanc de Chine ou un grattoir qui griffera la peinture et rouvrira un blanc.


Voilà : c'était notre deuxième épisode de la série "Les bons outils", toujours en direct de l'Atelier Bleu, et vos avis, commentaires et compléments d'informations sont (toujours) bienvenus ! A bientôt.

• les bons outils (1) : effacer

9 commentaires:

  1. Merci Anne pour ce rappel des bons outils (confirmés) qui facilitent la vie d'apprenti(e) aquarelliste...
    Très bonne journée
    Denise

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  2. Merci pour tous ces conseils!
    Tu me fais rire quand tu dis "qui a changé ma vie"... mais c'est tout à fait ça, je sais parfois combien un outil peut effectivement transformer notre pratique et nous faciliter la vie (d'où l'intérêt de ta rubrique).
    Je suis d'accord pour tout ce que tu dis, mais j'ai découvert un truc pour utiliser le drawing gum au pinceau : il suffit d'imbiber les poils du pinceau avec du savon liquide (ou liquide vaisselle pur), et ensuite, quand on trempe dans le drawing gum les poils sont protégés. Il suffit de rincer le tout une fois fini.
    Bien vu pour l'identification des pinceaux avec le ruban fantaisie, je n'y avais pas pensé, c'est bête comme chou, et ... cela va me changer la vie :-D

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  3. Cette rubrique des outils est vraiment formidable!
    Si je connaissais l'usage du drawing gum et du pinceau en caoutchouc fort utile pour le poser, je ne connaissais pas les 2 premières astuces. Je m'étais poser la question pour le ruban de masquage qu'on utilise quand on repeint sa chambre, merci d'avoir confirmer qu'on pouvait l'utiliser pour l'aquarelle. Je vais enfin pouvoir faire des aquarelles à bord nets ? Youpi pour moi qui n'arrive jamais à laisser une marge non peinte. Ma vie va changer aussi! :-)
    Stéphanie

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    1. Contente que ça te serve !
      Pour le scotch, attention toutefois à ne pas acheter du scotch crêpé, qui sert pour faire les arrondis (contour de tuyau, etc.). Ce qu'on veut, précisément, ce sont des bords droits !

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    2. chouette pour moi la vie va commencer !!faute de me la changer!

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    3. Youpi Odile! :-)

      Anne : ok, je prends note, encore merci!

      Stéphanie

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  4. merci bcp pour tes conseils avises et tes éclairages! et merci aussi de ta poesie
    vero bis
    http://aufildesetegamis.blogspot.fr

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