vendredi 29 mai 2015

Naissance



L'un des plus grands bonheurs, quand vous passez votre temps à essayer d'apprivoiser les mots, survient le jour où, le facteur ayant sonné (deux fois, bien sûr), le colis qu'il vous remet se révèle contenir VOTRE NOUVEAU LIVRE.
Et voilà : Notre-Dame des Ronces, un été à Vézelay, après avoir longtemps été constitué de longues lignes noires alignées sur de grandes feuilles de papier quadrillé, s'est métamorphosé en un élégant volume de 48 pages imprimé sur papier beige et ponctué d'une demi-douzaine d'illustrations à l'encre. Il y a même des petits marque-pages ! 
J'en suis tout émue. 

Il sera disponible en librairie à partir du 1er juin (autant dire lundi) ou auprès de l'éditrice (voir plus bas). J'en tiens également un stock à la disposition des amis qui passent par l'Atelier.


 Extrait :   
 
"L’herbe folle est faite pour la folie des chemins. Des fossés. 
Des friches.
Pour tous les espaces laissés libres, en marge. Transitoires.
Pour les orées et pour les seuils, pour les coupes au creux du bois. Pour les lisières. Pour l’absence entre deux maisons.
Elle comble, supplée, remplace. Elle surabonde.
Gratuite.
Nomade.
Délivrée de tout destin.
Je suis du monde, semble-t-elle dire. Intranquille toujours. Mes tiges sont ligneuses, hérissées ou barbues. Chardons. Lianes. Mes feuilles sont coriaces, cartonnées, amères. La délicatesse n’a jamais été promesse d’avenir et il ne survit pas longtemps, celui qui part vêtu de soie.
La pluie me bat.
L’hiver me brûle.
Mais, ne vous en déplaise, nul Attila jamais ne me réduira à néant. Sur vos sentiers et sur vos champs de bataille, dans vos jardins et sur vos tombes, toujours je repousse. Et si vous me chassez j’irai ailleurs, aigrette, graine ou duvet : d’un coup de vent ou d’un coup d’aile, j’emprunterai mon avenir aux oiseaux.

Notre Dame des Ronces, veille sur la bruyère et sur la sauge, sur l’orchis et le chardon. Sur le lys « qui ne tisse ni ne file », et sur la pâle primevère. Sur la cardère et sur la prêle. Sur l’épilobe et sur l’ivraie. Notre Dame des herbes folles, apprends-nous la grâce du dénuement et la folie de pousser nu sous le regard de Dieu."


• Paru ce jour aux Éditions de la Renarde Rouge. 48 pages. 16 € 

• Un souvenir de la résidence d'écrivain à Vézelay durant laquelle sont nées ces pages, c'est ici.

mercredi 27 mai 2015

Bocage

Vous l'avez peut-être remarqué : la bannière de ce blog s'est mise à l'heure d'été. Pour l'occasion  - et en l'honneur, à la fois de notre prochaine exposition à la maison Jules Roy et de la sortie, le 1er juin, de mon ouvrage Notre-Dame des Ronces, un été à Vézelay - c'est aux alentours de la colline de Vézelay que j'ai glané cette récente aquarelle.

En descendant vers Saint-Père, 17x42 cm

D'une manière que j'ai du mal à définir, elle résume ce qui me touche dans les paysages de bocage de cette Bourgogne qui m'est chère, des espaces sans effet, sans grandiose, et pourtant subtilement équilibrés.


lundi 25 mai 2015

Vingeanne

La Vingeanne est une petite rivière du nord de la Côte-d'Or. La vallée qu'elle a creusée fait figure de secret bien gardé - un pays magique en quelque sorte (du moins pour moi, qui ne le connaissais pas jusqu'à tout récemment).
On y trouve un canal paisible, comme endormi entre le blé et l'orge. 

Canal de la Marne à la Saône, 18 X42 cm

Le longer, à l'ombre encore claire des arbres de mai. 
Se figurer les champs comme une houle.
De retour à l'atelier, tenter de transcrire le vert invraisemblable du printemps, le ressac des collines, et dans les blés la lente danse de la brise.

• Pour savourer la Vingeanne, je flâne souvent chez Olivier Bailleux : c'est ICI.


vendredi 22 mai 2015

Plein vent plein champ



Un week-end qui s'annonce ? Un peu de temps libre à l'horizon ? Voici un petit pas-à-pas pour vous emmener là où mûrit l'été : au coeur d'un champ empourpré de coquelicots. Le point de vue est un peu original : une peinture à hauteur de lapin, en quelque sorte... ou de campagnol. 

En onze étapes : à vous de jouer !











N.B : 

• si vous cliquez sur les images, vous les affichez en plus grande taille ce qui permet d'en voir les détails.

• En cliquant sur "exercice", dans la colonne de droite, vous avez accès à un certains nombre de sujets et autres pas-à-pas aux petits oignons publiés au fil des mois sur ce blog. De quoi occuper les longues soirées d'hiver... et les belles après-midis de printemps. 

• en cliquant sur "coquelicot", vous accédez à plusieurs exercices inspirés du même champ, ainsi qu'à la photo, prise juste avant l'orage un soir dans l'Auxois, qui m'a servie de modèle. Comme quoi on certains sujets vous trottent dans la tête.

• la différence dans les tons de rouge est réelle : les premiers coquelicots, réalisés il y a deux ans à l'aide d'alizarine cramoisie et de cadmium, me paraissaient très ternes. J'ai utilisé ici un mélange subtil de carmin, de rouge Windsor et de jaune indien, beaucoup plus lumineux.

samedi 16 mai 2015

Référence : Erik Johansson


 Erik Johansson, photographe et artiste suédois.
Sa poésie du paysage me fait rêver...



Et ne voudriez-vous pas passer une soirée par là ?...


(cliquez sur les images pour les voir en grand)




Bonus : Si vous pensez que c'est "fastoche", la retouche photographique, 
je vous suggère de jeter un coup d'oeil 
sur le passionnant making off, proposé par l'artiste lui-même, de l'image ci-dessus  :


images, dans l'ordre :  
Make your own road, Fishy Island,  Expecting winter, The cover-up, Endless stories, Greenfall.

• liens : 

mercredi 13 mai 2015

Un petit chemin...



... qui sent la noisette ! C'est le thème de l'exercice du jour, un pas à pas pour représenter un rameau de noisetier. Il s'agit de celui de ma cour, que je dessine une fois par mois depuis septembre dernier.  Pour ma part, donc, j'ai travaillé d'après nature, mais rien ne vous empêche de vous exercer en suivant les étapes ci-dessous. Bon travail !







lien vers d'autres rameaux de noisetier : ICI, par exemple.


lundi 11 mai 2015

Rencontre


Il est six heures, ce vendredi matin. Levés à la nuit, nous atteignons, entre saules et bancs de brume, quelques étangs dans lesquels nous venons voir se lever le soleil. 

Il est bien là : un thé brûlant à la main et la joie au coeur, nous faisons provision de lumière. Sur fond de lumière liquide, les roseaux tracent d'étranges calligraphies...



Quelques heures plus tard ce même jour, je flâne sur la Toile, sans but précis - on peut faire ça longtemps. D'un blog de critique littéraire à celui d'un poète, j'arrive à la recension d'une exposition qui a eu lieu il y a trois ans. François Réau, peintre et graveur. C'est l'illustration qui m'attire :

Ne manque que le cygne - sans doute dissimulé derrière un buisson.
A croire que l'artiste était là avec nous, invisible, le matin-même.

J'ai aimé cette rencontre, essentielle et ténue, 
nourrissante, de la vie et de l'art.


lien : 
• François Réau (dont je ne sais rien d'autre) : à découvrir ICI


jeudi 7 mai 2015

Un regard par dessus l'épaule...

...Contrairement à Euridice ou à la femme de Loth, il ne causera pas ma perte, mais me permettra de constater que les dernières semaines ont été si riches de rencontres, que je n'arrivais même plus à tout vous raconter au fur et à mesure. 

Alors, si je vous ai déjà parlé du week-end croquis à Sens, de l'exposition "L'art de l'Eau" à Dijon et du travail pour le magazine L'Art de Peindre, eh bien, aujourd'hui... "je me souviens" : 


• Je me souviens du dernier samedi de mars, gris et pluvieux, où nous avons tenter d'apprivoiser la neige lors d'une séance de découverte de l'aquarelle avec l'association "Les arts au soleil" de Corcelles-les-Monts.


• Je me souviens d'un vendredi matin d'avril, à la médiathèque Port-du-Canal de Dijon.  Une classe de petits CP est venue mettre en carnet les souvenirs glanés lors de plusieurs promenades avec leur maîtresse. Marché, spécialités, bestiaire et toits vernissés pour un carnet aux couleurs de Dijon...





• Je me souviens que le soir-même, une douzaine d'adultes, munis de rêves ou de souvenirs, étaient invités à les venir mettre "en forme de" carnet de voyage. La soirée, merveilleusement conçue par l'équipe de la médiathèque, s'est prolongée par un buffet aux saveurs du monde.





• Je me souviens d'un beau dimanche à la Coupole, toujours à Dijon. Le matin, on a peint les fleurs du jardin - c'était le deuxième "atelier pratique" de l'exposition aquarelle (le premier avait été animé par Hervé Espinosa).




• Et le mercredi suivant, lors de deux cours publics sous la même Coupole, je me souviens qu'élèves d'un jour et élèves de toujours se sont mêlés pour apprendre... à faire l'oeuf !



Et voilà : avril est fini, vive le joli mai ! 
Et à bientôt pour de nouvelles aventures....


lundi 4 mai 2015

Mettre le printemps en carnets



Afin que les fleurs de mon jardin survivent un peu plus 
que ce qu'elles devraient vivre - vous savez bien : l'espace d'un matin.