lundi 16 novembre 2015

La vie fragile




« Nous savions que la vie était fragile, que l’humain c’était par moments et que la démocratie était menacée par les forces archaïques qui habitent encore le monde. Nous savions que, face à la vacuité de nos modèles économiques fondés sur la consommation compulsive, notre occident peinait à offrir un autre idéal que l’assujettissement aux intégrismes. Nous savions que tout ce qui nous tient à cœur est mortel et que l’obscurité absolue peut, un jour, faire oublier l’espoir de toute lumière... Que cette nuit terrible où nous avons éprouvé la terreur de la pénombre, nous rappelle notre fragilité et notre finitude. Qu’elle renforce ainsi notre détermination à prendre soin de toute vie, de toute pensée libre, de toute ébauche de solidarité, de toute joie possible. Prendre soin de la vie et de l’humain, avec une infinie tendresse et une obstination sans faille, est, aujourd’hui, la condition de toute espérance. Sachons qu’un seul sourire échangé, un seul geste d’apaisement, aussi minime soit-il, peut encore, contre tous les fatalismes, contribuer à nous sauver de la barbarie... »

Philippe Meirieu, lettre adressée hier au ministre de l'Education




"La France incarne tout ce que les fanatiques religieux haïssent : la jouissance de la vie ici, sur terre, d'une multitude de manières : une tasse de café qui sent bon, accompagnée d'un croissant, un matin ; de belles femmes en robes courtes souriant librement dans la rue ; l'odeur du pain chaud ; une bouteille de vin partagée avec des amis, quelques gouttes de parfum, des enfants jouant au jardin du Luxembourg, le droit de ne pas croire en aucun Dieu, de ne pas s'inquiéter des calories, de flirter et de fumer, de faire l'amour hors mariage, de prendre des vacances, de lire n'importe quel livre, d'aller à l'école gratuitement, de jouer, de rire, de débattre, de se moquer des prélats comme des hommes et des femmes politiques, de remettre les angoisses à plus tard : après la mort.
Aucun pays ne profite aussi bien de la vie sur terre que la France.
Paris, on t'aime. Nous pleurons pour toi. Tu es en deuil ce soir, et nous le sommes avec toi. Nous savons que tu riras à nouveau, et chanteras à nouveau, que tu feras l'amour, et que tu guériras, parce qu'aimer la vie fait partie de ce que tu es. Les forces du mal vont reculer. Elles vont perdre. Elle perdent toujours."

Posté sur le site du NewYork Times et signé "Blackpoodles"

4 commentaires:

  1. " Nous sommes tous horrifiés et révoltés , hommage aux victimes, malgré ces horreurs ne cédons pas à la peur , mais essayons de vivre normalement "
    Merci à toi Anne pour ces textes .
    www.youtube.com/watch?v=r9jNzAi-bek

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  2. Mon pays, Notre si belle FRANCE souffre ; mal aimée,

    Comment RE PARTIR ? Comment remplacer la peur si mauvaise conseillère par une longue période de reflexion sur le trop d'amalgame, d'injustices afin de se poser les bonne questions : se retrousser les manches afin de mieux vivre ensemble car ne nous y trompons pas c'est ici qu'un long travail d'éducation encore et encore, d'amour, de respect de ..... de .... jamais assez....sans oublier une détermination à ne pas céder..à VIVRE ce que nous avons à partager.
    comment faire: je prends les idées d'avenir pour l'amour de nos petits enfantspour lesquels je VEUX une FRANCE qui cicatrice joliment !!

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    1. Chaque matin je suis au collège et inlassablement, je tente d'expliquer, de nuancer, de mettre en perspective, de chasser les intox et les rumeurs... Et de transmettre les valeurs qui nous sont chères.
      Je n'oublie jamais que pour certains fanatiques, l'éducation elle-même "est un péché". Eduquer, c'est donc déjà mener le combat.

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    2. ne te lasse jamais ......

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