lundi 31 mars 2014

.... Et des scoubidous !


Le 29 mars dernier avait lieu le deuxième samedi de travail à l'Atelier des Talents de Saint-Clément (89) - pour voir le premier, cliquez ICI. 

J'avais auparavant pris soin de passer au marché, pour acheter "des pommes (oui) des poires (non : des bananes) et des scoubidoubidous (non : ce n'est pas la saison : j'ai pris des citrons)". Enfin bref : des fruits à croquer, à tous les sens du terme, pour la suite du stage sur les couleurs.


Pas évident pour des débutants en aquarelle, mais beaucoup de concentration et de bonne humeur, avec au final des résultats intéressants, comme, ci-dessous, le travail de Marie-Emmanuelle, avec ce joli reflet sur la pomme.


dimanche 30 mars 2014

Rouge et vert, complémentaires



Le ROUGE a pour complémentaire le VERT, on l'a vu il y a peu. Est-ce à dire que la crème de fraise des bois se marie à merveille avec la pomme granny smith ?  L'association est en tout cas agréable à l'oeil. 

Elle donne des envies de carnet...


 ... et elle nourrit les cours. 
Voici le sujet proposé aux élèves de jeudi dernier
(ils avaient devant eux la composition et non la photographie, bien évidemment) :


Et voici l'interprétation qu'en a faite Marion - et que j'ai dénichée sur son blog
Le rouge est foncé grâce au vert et le vert grâce au rouge :



• "Lavis de Marion", c'est le blog en question : allez y faire un tour en cliquant ICI !

vendredi 28 mars 2014

Alchimie, bleu de Prusse et contes gothiques


On connaît quelques erreurs de belle postérité : la tarte tatin et le camembert, pour ne citer que deux références qui viennent spontanément à l'esprit à l'heure du repas. Mais saviez-vous que le BLEU DE PRUSSE relève du même genre ? En 1709 à Berlin, quelqu'un a fait une grosse bêtise et ce faisant, a profondément et à jamais modifié la palette des peintres. 


L'histoire est d'abord celle d'un marchand de couleurs du nom de Diesbach. Il utilisait pour fabriquer sa couleur rouge une décoction de cochenille et de sulfate de fer qu'il précipitait avec de la potasse. Or, il se trouva qu'un un beau jour, venant à en manquer, il acheta de la potasse à un pharmacien malhonnête qui lui vendit sciemment un produit frelaté. Que croyez-vous qu'il arriva ? Le ROUGE attendu céda la place à un magnifique BLEU foncé, saturé et lumineux. 

A cette période, le bleu foncé était difficile à obtenir, à produire en grande quantité et à fixer. L'usage de l'indigo étant strictement encadrée par les lois sur le commerce, restait le très coûteux lapis-lazuli, l'azurite ou le pastel peu couvrant. 

Le pharmacien, un chimiste du du nom de Dippel, comprit tout de suite le profit qu'il y avait à tirer d'une telle découverte. Il améliora la recette jusqu'à commercialiser une couleur qu'il vendit sous le nom de "Bleu de Berlin" (Berliner Blau)... et qui le rendit millionnaire ! Le pauvre marchand de couleurs, pour sa part, ne tira aucun bénéfice de l'affaire. 
 Il y a une justice : en 1724, un Anglais du nom de Woodward publia sous le nom de "bleu de Prusse" la composition dudit bleu, ruinant ainsi Dippel et mettant la formule à la portée de tous.

Fe7(CN)18(H2O)x, où x varie de 14 à 18.
"On mélange en solution dans l'eau six parts de sulfate ferreux et six parts de ferrocyanure de potassium, on y ajoute vingt-quatre parts d'acide chlorhydrique et une part d'acide sulfurique. Au bout de plusieurs heures on verse dans la préparation du chlorure de chaux. Le Bleu de Prusse précipite au fond du récipient. Il ne reste qu'à le purifier du ferricyanure de potassium qu'il contient en faisant précipiter ce dernier par l'action d'un peu de chlorure ferrique dilué."
(On comprend au passage pourquoi il vaut mieux ne pas lécher son pinceau...) 

Johann Konrad Dippel a cependant laissé au monde - outre une recette d'huile animale efficace contre le ver solitaire, mais bon... - un autre souvenir : chimiste habile se réclamant de l'alchimie, théologien plusieurs fois poursuivi pour hérésie, un temps médecin personnel du roi de Suède, il a inspiré à la romancière Mary Shelley son personnage le plus célèbre : le fameux docteur Victor Frankenstein.



Il n'y a donc pas si loin de la couleur à l'alchimie. 
En doutiez-vous encore ?



mercredi 26 mars 2014

Pommes, pommes, pommes...


Ce matin, au marché, j'ai acheté des POMMES VERTES. Une occasion parmi d'autre de jouer avec les couleurs. Je vous propose donc ici un petit exercice sur l'usage des couleurs complémentaires dans le travail des ombres et des modelés.

Comme vous le savez, une couleur dite "complémentaire" d'une couleur primaire, sur le cercle chromatique (voir ICI) se situe à l'opposé de la couleur de départ. Ou, pour le dire autrement : une couleur primaire a pour complémentaire la somme des deux autres couleurs primaires.

Ainsi, le VERT (bleu + jaune) est la couleur complémentaire du ROUGE.

C'est cette propriété que nous allons explorer ici.



1) - Pour commencer, affûtez votre sensibilité aux couleurs en réalisant ces trois nuanciers

• Le premier part du plus foncé possible d'un vert tout fait (oxyde de chrome ou vert de vessie, par exemple) et l'éclaircit par ajout d'EAU.

• Le deuxième part de mon vert composé préféré, mélange maison de bleu de Prusse et de jaune cadmium moyen (je le pose sur la case centrale). Il est éclairci (à droite) par ajout de JAUNE, et foncé (à gauche) par ajout de BLEU.

• Le troisième reprend le même vert composé, mais l'éclaircit par ajout d'eau, et le fonce par introduction de très légères touches de ROUGE dans le vert de départ. Attention, le mélange doit rester un vert !

Nous obtenons ainsi trois façons différentes de décliner une couleur. Je dois avouer que la première n'est là que pour montrer la pauvreté des verts vendus dans le commerce par rapport aux mélanges que l'on peut fabriquer soi-même. Je n'utilise jamais les verts de ma boîte ! 


2) - Prenons maintenant une belle pomme granny smith bien verte. 

• Notre premier dessin va consister à la traiter de façon classique : peinture en vert dans le mouillé (attention à préserver les blancs), puis ajout d'ombres bleues pour le modelé aussi bien que pour l'ombre projetée. Détails à sec estompés avec un pinceau humide. J'utilise classiquement un bleu outremer très léger (en voile transparent, pas à la louche). Observez bien la manière dont le creux central, d'où sort la tige, donne l'ensemble du volume du fruit.


• Dans notre second dessin, c'est le vert foncé obtenu par ajout de sa complémentaire (le rouge, donc) qui va être utilisé pour modeler le fruit. Attention : il ne s'agit pas de faire brutalement mûrir cette pomme, vous n'êtes pas la sorcière dans Blanche-Neige ! Ce fruit doit rester VERT. L'ombre projetée, elle, reste bleutée.



Le modelé avec une couleur complémentaire, un peu délicat à doser, est presque toujours plus intéressant que le modelé en ombres bleues. 

Si, comme mes élèves de l'Atelier des Talents la semaine dernière, vous voulez ajouter à votre exercice une banane et une orange, vous ajouterez du violet dans le jaune de la banane, du bleu dans l'orangé de l'orange, et de façon curieuse, vous obtiendrez une composition harmonieuse. 


Normal : les trois ombres de modelé 

[ violet + jaune
orange + bleu
rouge + vert ]

correspondent toutes les trois à la même somme des trois couleurs primaires 

BLEU, JAUNE, ROUGE.


... Une fois l'exercice réalisé, vous pouvez croquer la pomme, 
c'est excellent pour la santé.


lundi 24 mars 2014

Quatre cartes de fleurs



Elles sont arrivées ce matin : quatre cartes postales de fleurs, 
nouvelle série pour accueillir la belle saison. 

Cette fois-ci, c'est vraiment le printemps ! 


 
Vous retrouverez la rose trémière, grand succès de l'automne dernier. 
Pour lui tenir compagnie, un liseron, une clématite et quelques coquelicots. 
 
Elles sont disponibles à l'Atelier, en direct ou par voie postale. 

Cartes simples au format 10,5x15 cm.  
Aspect pelliculage mat.
4 cartes et 4 enveloppes : 5 euros
(Frais d'envoi : 1 euro.)
 
 

dimanche 23 mars 2014

Un samedi tout en couleurs


Un stage sous le signe de la couleur, c'est ce qui était proposé aux élèves de l'Atelier des Talents de Saint-Clément, près de Sens (89), invités pour la deuxième année consécutive (voir ici) à explorer les mystères de l'aquarelle, eux qui ont pour habitude de travailler le dessin avec Agnès Hardi.

 

Cercle chromatique, primaires et complémentaires, ombres de modelé et ombres projetées... nous avons largement eu de quoi occuper tout un samedi studieux. Et comme les amateurs d'émotions colorées étaient plus nombreux que les capacités d'accueil de l'atelier... j'y retourne samedi prochain !


 
• Agnès Hardi est une talentueuse créatrice de tissus. 
Vous pouvez découvrir et admirer son travail ici : http://www.agnes-hardi.com
 
• L'Atelier des Talents de Saint-Clément est présidé par l'énergique Alain Crozet. 
 

jeudi 20 mars 2014

Dictionnaire


Equinoxe : 1 - ASTRON. Époque de l'année où le soleil, dans son mouvement propre apparent sur l'écliptique, coupe l'équateur céleste et qui, caractérisée par la durée égale du jour et de la nuit en tout point de la surface terrestre, marque le début du printemps ou de l'automne. 2 - BIOGR. Période de l'année où l'envie de lumière et de sève culmine chez moi dans une forme quasi obsessionnelle de mise en jardinage de mes dix mètres carrés de cour.



lundi 17 mars 2014

Du bon usage de la pince à linge

   
La pince à linge est un instrument indispensable 
bien que trop souvent négligé dans l'art de l'aquarelle.
Jugez un peu :




 On en trouve jusque dans les défis de Charlotte.


Pour un peu, je m'en servirais même pour...


Elle est belle, cette photo, non ? On pourrait avoir envie de la prendre pour modèle d'un exercice, qu'on accrocherait ensuite sur le mur de l'Atelier... 
Oh, non ! Je suis incorrigible !

Allons, un peu de musique :



• photo : Gabriel Rochard
• chanson : Francis Blanche
• musique : Ludwig van Beethoven