vendredi 12 août 2011

Jubilation du travail

 Me lever au petit matin, vers 6 heures. Encore un peu endormie, retrouver dans l'atelier les travaux de la veille. Établir le programme du jour en buvant un thé brûlant. C'est le matin que je suis efficace. A 7 h moins le quart, je suis à ma table, prête à colorer, enluminer, transformer mes souvenirs en formes et en harmonies de couleurs.

Les bons jours, la matinée est fructueuse. Les planches s'organisent, je les suspends sur le mur blanc en tentant déjà de respecter l'ordre des chapitres. J'écoute à la radio Le Guépard ou Concert Baroque, une interview de Nicolas Bouvier ou d'Ella Maillart en m'abreuvant de thé à la menthe. Peu de téléphone, peu de courriels : j'aime cette concentration studieuse, ce ronronnement du travail efficace. Je redécouvre les teintes d'un lys, tente de restituer l'ambiance d'une forêt de sapins sous l'orage ou d'une crête balayée par le vent...


Midi sonne, j'ai faim et le frigo est à peu près vide ! Voici 5 heures que je suis penchée sur ma table et mon dos me fait mal.  Une tomate, un paquet de nouilles chinoises : je cuisine n'importe quoi, après tout c'est les vacances ! Autour de moi la ville bourdonne et le vent fait danser les feuilles du tilleul.
Après une heure de sieste, l'après-midi sera consacrée à l'écriture. Cette fois ci ce sont les mots qu'il s'agit d'assembler en phrases harmonieuses. Les pages de mon carnet de route sont noires de notes, qui ne sont guère davantage qu'une matière première que je voudrais transfigurer en littérature. Joie encore : la moisson de mots fut bonne et mon carnet, tout froissé et tordu qu'il soit par la pluie, recèle quelques pépites que je retranscris avec jubilation. Pour m'accompagner, m'aider à trouver le rythme juste, je demande l'assistance de J.S. Bach ou Louis Armstrong.


Voilà, vous savez tout : cela fait presque trois semaines que je me suis enfermée à double tour pour boucler mon livre sur le Jura et je crois que je préfère ça à la plage !



4 commentaires:

  1. Joli texte, belle description de ta journée avec une calme et sereine ambiance.

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  2. Quel rythme pour un mois d'août ! mais je sais, le temps passe si vite quand on dessine dans son atelier...;0)

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  3. Vous connaissez ça, n'est-ce pas ? C'est grisant.

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  4. C'est extraordinaire de considérer son travail comme des vacances.
    Est-ce cela le bonheur? Au moins une partie!

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