dimanche 30 mai 2010

Bleu

Lorsque j'ai ouvert ce blog, j'ai choisi de mettre en exergue le très beau poème de Jean-Michel Maulpoix "Convalescence du bleu après l'averse...", tiré de son recueil consacré au bleu. Je le redonne ici, afin que ceux qui se demandent pourquoi j'ai une affinité particulière avec cette couleur – ce qui d'ailleurs, je veux bien l'admettre, n'a rien d'original – trouvent matière à s'émerveiller de la manière dont les mots acquièrent parfois, entre les mains d'un artisan habile, le pouvoir de dire la couleur.
Chut... Tendez l'oreille.


"On voudrait jardiner ce bleu, puis le recueillir avec des gestes lents dans un tablier de toile ou une corbeille d'osier. Disposer le ciel en bouquets, égrener ses parfums, tenir quelques heures la beauté contre soi et se réconcilier.

On voudrait, on regarde, on sait qu'on ne peut en faire plus et qu'il suffit de rester là, debout dans la lumière, dépourvu de gestes et de mots, avec ce désir d'amour un peu bête dont le paysage n'a que faire, mais dont on croit savoir qu'il ne s'enfièvre pas pour rien, puisque l'amour précisément est notre tâche, notre devoir, quand bien même serait-il aussi frêle que ces gouttes d'eau après l'averse tombant dans l'herbe du jardin."

J.-M. Maulpoix, Une Histoire de Bleu, NRF, Gallimard / Poésie, 2005

samedi 29 mai 2010

Sortie d'atelier


J'ai fini ce matin l'affiche demandée par la confraternité des pèlerins bourguignons de Compostelle pour leurs dix ans. Je n'en suis pas mécontente : c'était en tout cas très intéressant d'associer le travail à l'aquarelle et le travail de composition graphique sur Photoshop. Les personnages ont été réalisés indépendamment du fond, par exemple, puis positionnés grâce au logiciel. Le pont est celui de Pierre-Perthuis, non loin de Vézelay, que j'ai rallié à pieds depuis Dijon l'été dernier. La coquille qui ponctue le titre est celle qui orne le dallage devant l'église de Nasbinals, en Aubrac, sur le GR 65. On en revient toujours à ses amours...


jeudi 27 mai 2010

L'heure botanique (suite)

L'heure est à la botanique


Même en laissant de côté la marine ou le paysage de facture classique, l'aquarelle permet plusieurs types de travaux très différents : à côté du dessin de voyage, léger, souvent rapide, parfois à la limite de la prise de notes, on trouve le dessin d'illustration (que j'utilise actuellement pour la réalisation de l'affiche de la Confraternité des pèlerins de Compostelle en Bourgogne, dont je vous reparlerai). Et puis cette tradition de la planche naturaliste : botanique, mycologie, entomologie... Tant de formes et tant de couleurs à apprivoiser !
Ces jours-ci, j'ai mis le nez dans mes guides naturalistes, et j'ai même proposé à mes élèves de faire la même chose. Précision du trait, peinture à sec, pinceau très chargé en pigments : l'exercice est intéressant, je vous le recommande.

Cours de botanique

mardi 25 mai 2010

Troisième leçon de buron




"Garder la source fraîche. Tenir la porte close.
Sommeiller sous le ciel, berger du vent et des nuages.

Toujours
Porter
L'éternité."


jeudi 20 mai 2010

Deuxième leçon de buron


"Se coller à la terre, souvent.
Grandir près d'une source, parfois.

Refléter les nuages : toujours."

mercredi 19 mai 2010

Mise en abyme

Une drôle de rencontre sur la Toile : celle d'Izys, qui, en avril dernier, a lu mon dernier livre... et l'a même dessiné !
Il faut dire que le carnet de croquis, elle connaît ! Allez donc faire un tour sur son blog :
http://isabellezyskind.canalblog.com/
Merci, Izys.

Première leçon de buron


"Que la pierre se fasse herbe.
Que le bois se change en pierre.
Rocher fait de main d'homme.
Mes racines plongeront loin dans la terre.

Mes murs arrêteront le vent.
Mon toit lui sera un miroir."

L'Aubrac, encore

mardi 18 mai 2010

Granite

Il est des lieux dont on ne guérit jamais, des lumières qui vous appellent, des vents qui vous secouent le coeur : je suis retournée ces derniers jours marcher sur le plateau d'Aubrac. Brouillard et neige, prés battus de pluie et jaunes de jonquilles. Au refuge des Rajas, Denise Pignol avait mis dans l'embrasure de la fenêtre un bouquet tout d'or et de fushia. Les burons désertés s'appliquaient à pousser le front contre la voûte du ciel. Et sur la longue voie de Compostelle, pieds douloureux, entortillés dans leur cape imperméable, cheminaient les premiers pèlerins de l'année. 2010 : année sainte.



Puisque revient le soleil...


"Convalescence du bleu après l'averse...


Le ciel se recolore. Les arbres s'égouttent et le pavé boit. La ville aussi essaie de dire des phrases. Rires mouillés et pluie de pieds nus. On dirait que le paysage est tout éclaboussé de croyance.
On voudrait jardiner ce bleu, puis le recueillir avec des gestes lents dans un tablier de toile ou une corbeille d'osier. Disposer le ciel en bouquets, égrener ses parfums, tenir quelques heures la beauté contre soi et se réconcilier."

(Jean-Michel Maulpoix, Une histoire de bleu, Gallimard poésie.)

dimanche 9 mai 2010


Travail dominical


Dimanche studieux : je travaille ces jours-ci à la réalisation d'une affiche pour la confraternité bourguignonne des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, qui va fêter ses dix ans. Les éléments se mettent doucement en place : un marcheur, un autre plus loin, un vieux pont de pierre, une coquille...

C'est un travail intéressant pour un sujet qui, de surcroît, me touche de près.

Ci-contre, voici l'une des silhouettes qui devrait figurer sur l'affiche.

mercredi 5 mai 2010

Le temps est à la pluie


Je m'aperçois que beaucoup de mes propos portent sur le temps qu'il fait : le printemps m'enthousiasme, l'hiver me donne des envies d'hibernation. Quant à la pluie... Je suis "aquarelliste", l'eau est mon domaine, et certains jours, la pluie m'inspire.


dimanche 2 mai 2010

Pour un herbier

Une promenade dans la vallée de l'Ouche ce matin : les bois étaient pleins de coucous, de violettes, de lamiers jaunes et du muguet de mai. Une excursion dans mes cartons à dessin cet après-midi : ils sont pleins de fleurs croisées naguère dans les chemins d'Aubrac, de Bourgogne ou des Cévennes et semées dans les pages de mes carnets. Alors, pour le plaisir :