dimanche 26 décembre 2010

C'est Mozart qu'on assassine !

... ou plus précisément : c'est Goethe ! Un nouveau restaurant dijonnais, émanation d'une chaîne hôtelière "d'envergure nationale" propose à ses clients, en plus d'une nourriture un peu lourde et d'écrans plats diffusant une musique inepte autant que consensuelle, des patères d'un style... douteux ! Voire sadique ! Quelqu'un pourrait-il expliquer à ces gens ce qu'est supposé signifier le terme "lecture"
Naguère, Denis Arcand - cinéaste visionnaire - appela ça Les invasions barbares.

mardi 21 décembre 2010

Ca fait longtemps...

... que je ne vous ai pas parlé de champignons : ceux-ci sont des pézizes écarlates (sarcoscypha coccinea) qui coloraient de rouge ce week-end les bois au-dessus du Clos de Vougeot.

lundi 20 décembre 2010

Devoirs de vacances

La neige blanchit les toits mais sur ma palette, c'est l'automne qui domine, ces jours-ci : quelques aperçus de mon travail en cours sur les monts du Jura.

vendredi 17 décembre 2010

Vive la Suède

Je continue ma flânerie parmi les peintres qui se plaisent à représenter les réalités de nos paysages modernes sans souci de beauté ou de pittoresque (je ne dis pas "de beauté"). Voici un  vrai coup de coeur : Lars Lerin, aquarelliste suédois fameux dans son pays et auquel la revue L'art de l'aquarelle vient de consacrer un article(n° 6).

 J'adore les stations-service, mais allez savoir pourquoi, j'ai un faible pour l'oeuvre suivante, qui évoque mon propre paysage de travail (tous ceux qui ont porté les cartons de mon dernier déménagement s'en souviennent, je le crains) :
Library, 2010.

mardi 14 décembre 2010

La chasse est ouverte


          "Il saute de son lit de bon matin, et ne part que si son esprit est net, son cœur pur, son corps léger comme un vêtement d’été. Il n’emporte point de provisions. Il boira l’air frais en route et reniflera les odeurs salubres. Il laisse ses armes à la maison et se contente d’ouvrir les yeux. Les yeux servent de filet où les images s’emprisonnent d’elles-mêmes.
La première qu’il fait captive est celle du chemin qui montre ses os, cailloux polis et ses ornières, veines crevées, entre deux haies riches de prunelles et de mûres.
Il prend ensuite l’image de la rivière. Elle blanchit aux coudes et dort sous la caresse des saules. Elle miroite quand un poisson tourne le ventre, comme si on jetait une pièce d’argent, et dès que tombe une pluie fine, la rivière a la chair de poule.
Il lève l’image des blés mobiles, des luzernes appétissantes et des prairies ourlées de ruisseaux. Il saisit au passage le vol d’une alouette ou d’un chardonneret.
Puis il entre au bois. Il ne se savait pas doué de sens si délicats. Vite imprégné de parfums, il ne perd aucune sourde rumeur, et, pour qu’il communique avec les arbres, ses nerfs se lient aux nervures des feuilles.
Bientôt, vibrant jusqu’au malaise, il perçoit trop, il fermente, il a peur, quitte le bois et suit de loin les paysans regagnant le village.
Dehors, il fixe un moment, au point que son œil éclate, le soleil qui se couche et dévêt sur l’horizon ses lumineux habits, ses nuages répandus pêle-mêle.
Enfin, rentré chez lui, la tête pleine, il éteint sa lampe et longuement, avant de s’endormir, il se plaît à compter ses images.
Dociles, elles renaissent au gré du souvenir. Chacune d’elles en éveille une autre, et sans cesse leur troupe s’accroît de nouvelles venues, comme des perdrix poursuivies et divisées tout le jour, chantent le soir, à l’abri du danger, et se rappellent au creux des sillons."

Jules Renard

lundi 13 décembre 2010

Et connaissez-vous ces tableaux ?


Patrick Bastardoz, peintre contemporain, né en 1970, vit et travaille à Strasbourg. Amoureux des chantiers, des grues et des paysages industriels.(www.patrick-bastardoz.com/)

dimanche 12 décembre 2010

Dirty beauty, certes, but famous !

Bien sûr, rien de nouveau sous le soleil. La beauté - ou du moins le "dire" - de la modernité n'a pas échappé aux impressionnistes. Claude Monet, aux alentours de 1875, s'offre le luxe de saisir quelques paysages industriels. Lui aussi aime les trains !
 
Train dans la neige - La locomotive
Gare Saint-Lazare
Gare Saint-Lazare
Les chargeurs de charbon

vendredi 10 décembre 2010

Dirty beauty (suite) : William Wray

Garbage Truck
Union Pacific
Nightpuller
Flatbed
Quelques aperçus supplémentaires des "dirty subjects" du peintre américain William Wray dont il était question dans le post précédent. N'hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir, en petit c'est un peu... petit !

jeudi 9 décembre 2010

Dirty beauty

Dans un commentaire au message d'hier, Jean-Louis Thouard — fameux illustrateur et auteur de BD publié chez Casterman, soit dit en passant —me suggère d'aller voir le travail de William Wray, peintre américain contemporain qui a notamment publié un livre intitulé Dirty Beauty. Si les derniers posts exposent surtout des entrecôtes et des parts de gâteaux (auxquels je ne suis sensible que quand ils sont dans mon assiette), on y trouve également tout un travail passionnant sur les locomotives, les moissonneuses-batteuses et les paquebots. Allez traîner du côté des archives du blog de novembre 2006, par exemple...
Pour l'amour du bleu, voici la peinture qu'il a postée le 3 décembre. J'aime beaucoup :

par William Wray

Le blog de Jean-Louis : http://lebaron-rouge.blogspot.com/
Le blog de William Wray : http://williamwray.blogspot.com/

lundi 6 décembre 2010

A propos de gares de triage... (faire paysage, suite)



Peindre, c'est proposer un regard sur les choses.
Il est important, je trouve, de proposer un regard sur nos paysages contemporains. Moi-même, en les peignant, j'apprends à les regarder, je les "intègre", sans trop savoir comment. J'ai besoin de ce mouvement vers la modernité ; et pourtant, je n'utilise en aucune façon une technique artistique moderne. Mais peindre des gares de triage et des postes électriques avec cette palette utilisée par nos arrières-grand-mères pour orner de fleurs leurs albums de jeunes filles de bonne famille, voilà qui me plaît singulièrement !

jeudi 2 décembre 2010

mercredi 1 décembre 2010

Les maux des mots (4)

En ces temps de neige et d'intériorité, quelques mots lumineux du poète, traducteur et critique Roger Munier, récemment décédé :

Ce qui m’anime, obstinément me hante, c’est de tenter d’atteindre le monde sans mon approche couvrante : le monde sans moi. Est-ce possible ? Il me semble que non. Mais le monde peut parfois faire un pas vers nous. Et peut-être, mais ce n’est qu’une hypothèse que je risque : de même que le corps s’ouvre en ses profondeurs dans ce qui n’est plus la santé, de même le monde se rend-il accessible dans ce qu’il a pour ainsi dire de blessé. Dans ses zones effacées, sans rien du prestige des grands paysages qui requièrent nos sens et les comblent, dans ses régions infimes, plus secrètes, en esquive, insignifiantes même. Dans ses friches ou ses lieux arides, ses déserts. La beauté captivante du monde ne va qu’à lui et peut faire illusion, comme la santé dans nos relations avec le corps. Il me semble qu’à l’opposé de tout attrait, dans la pure absence d’éclat, le monde, plus sûrement, mystérieusement, fait signe…”

mardi 30 novembre 2010

Pensez à vos cadeaux de Noël



C'EST TOUT NOUVEAU.
Vous pouvez dorénavant vous procurer certaines de mes aquarelles en explorant la vitrine ou les cartons de la galerie dijonnaise

L'Encadreur
30 rue Charrue à Dijon 
03.80.30.76.56

Mais aussi, toujours, en me contactant directement par courriel ou téléphone.

lundi 29 novembre 2010

A quoi ça tient, parfois...

"Un moment, j'ai même pensé à abandonner la littérature, mais j'ai acheté par erreur un encrier d'un demi-litre. Il faut donc que j'écrive."
Marcel Aymé

mercredi 24 novembre 2010

De l'écriture

Glané dans une interview de l'écrivain Eric Chevillard — qui paraît-il contemple le ciel depuis le même coin de terre que moi-même. A propos de la quotidienneté de l’écriture : 

— "En effet, j’écris tous les jours, il me faut ce moment paradoxal où je me retire pour faire acte de présence, pour m’éprouver en vie et vérifier que je ne suis pas mort la veille, à mon insu. Je finirai de toute façon par faire cette désagréable surprise, paraît-il."
 
Penser, donc, à vérifier régulièrement que je ne suis pas morte la veille.

mardi 23 novembre 2010

Instructions pour monter un escalier

"Les escaliers se montent de face car en marche arrière ou latérale ce n’est pas particulièrement commode. L’attitude la plus naturelle à adopter est la station debout, bras ballants, tête droite mais pas trop cependant afin que les yeux puissent voir la marche à gravir, la respiration lente et régulière.

Pour ce qui est de l’ascension proprement dite, on commence par lever cette partie du corps située en bas à droite et généralement enveloppée de cuir ou de daim et qui, sauf exception, tient exactement sur la marche. Une fois ladite partie, que nous appellerons pied pour abréger, posée sur le degré, on lève la partie correspondante gauche (appelée aussi pied mais qu’il ne faut pas confondre avec le pied mentionné plus haut) et après l’avoir amenée à la hauteur du premier pied, on la hisse encore un peu pour la poser sur la deuxième marche où le pied pourra enfin se reposer, tandis que sur la première le pied repose déjà. (Les premières marches sont toujours les plus difficiles, jusqu’à ce qu’on ait acquis la coordination nécessaire. La coïncidence des noms entre le pied et le pied rend l’explication difficile. Faites spécialement attention à ne pas lever en même temps le pied et le pied.)

Parvenu de cette façon à la deuxième marche, il suffit de répéter alternativement ces deux mouvements jusqu’au bout de l’escalier. On en sort facilement, avec un léger coup de talon pour bien fixer la marche à sa place et l’empêcher de bouger jusqu’à ce qu’on redescende."

© Julio Cortazar, Instructions pour monter un escalier, Gallimard, trad Laure Guille-Bataillon.

lundi 22 novembre 2010

Carnet de voyage






Durant la première guerre mondiale, le soldat Georges Hugo se bat en Champagne.  Il ne se sépare jamais de son carnet de croquis et dessine sans relâche : l'attaque, l'attente, la boue, les tranchées, les rats, les barbelés... Bon trait de crayon ? Il a de qui tenir : son grand-père se prénomme Victor. "Tenez, ces dessins-là, je les ai faits lors de l'attaque de la ferme Navarin (...) un peu de jus de tabac ou une goutte de café, cela fait une sépia épatante. Avec un peu de pinard on fait un sang magnifique et pour obtenir le ton général du paysage, je délaye un peu de craie accrochée à ma capote." Dans son numéro de  Noël 1916, Le journal L'Illustration  publie ses dessins. Carnet d'un voyage au bout de la nuit.

dimanche 21 novembre 2010

Atelier "carte de voeux"



Ce samedi, à l'Atelier, une demi-journée de stage autour de la préparation de cartes de voeux. Les pères Noël étaient de sortie, ainsi que de petites bonnes femmes inspirées des jolis dessins de Martine Delerm (Papiers de soi). Thé et douceurs également, apportés par les élèves : en novembre, il faut veiller à garder le moral à  défaut de la ligne ! Ce que nous fîmes.

lundi 15 novembre 2010

Les animaux se divisent en...

a.  appartenant à l'Empereur
b.  embaumés
c.  apprivoisés
d.  cochons de lait
e.  sirènes
f.  fabuleux
g.  chiens en liberté
h.  inclus dans la présente classification
i.  qui s'agitent comme des fous
j.  innombrables
k.  dessinés avec un très fin pinceau de poils de chameau
l.  et cœtera
m.  qui viennent de casser la cruche
n.  qui de loin semblent des mouches


(Borges, Enquêtes 1937-1952, La langue analytique de John Wilkins, p144)

jeudi 11 novembre 2010

Carnet de voyage islandais, toujours

C'est très long à mettre en forme, un carnet de voyage. Mais je touche au but et je vais pouvoir passer des heures à le feuilleter, le relire et embêter tout le monde avec ! Youpi...

dimanche 7 novembre 2010

Une page de publicité

L'Atelier Bleu prépare Noël.

Et si on s'amusait à faire nos propres cartes de voeux
en utilisant nos talents ?

Je vous propose de venir passer
un après-midi à l'Atelier
le SAMEDI 20 NOVEMBRE prochain.


Au programme, une activité "Home made with Love".
  Je vous proposerai quelques modèles créatifs de cartes de voeux
à partir desquels vous pourrez, j'espère, vous amuser.
Du matériel (planches de coupe, cutters, couleurs...) sera à disposition.
Un goûter ("Five o'clock tea"...) nous tiendra lieu de récréation.
Quelques renseignements concrets :
Horaires : 14h30 - 18h.
Tarif : un cours ordinaire (soit 15 €)
Places : entre 4 et 10 (après je n'ai plus de chaises !)
Lieu : L'Atelier Bleu est au 7, rue des Mazières à Dijon (bus 18, arrêt Mazières), en haut de la rue de Jouvence.



Si vous êtes intéressé(e), inscrivez-vous par courriel
avant le 11 novembre.
Et si vous avez des talents particuliers pour les gâteaux, je fournis le thé.

On a enfin localisé son siège mondial !

Val de Travers, Jura suisse

vendredi 5 novembre 2010

Bleu

"Ce bleu n'appartient à personne. 
Il n'est ni le bien des hommes, ni le royaume des dieux. Il circule et se répand, distribuant partout la matière mobile de son propre rêve. Le fini et l'inachevé échangent indéfiniment en lui leurs vertus. S'il n'est point d'âme et de principe, au moins existe-t-il ce bleu, toujours près de s'entrouvrir dans la grisaille des jours, offert à quiconque et pour rien.
(...)
Aussi longtemps que nous le pourrons, nous accompagnerons du bout des doigts le temps qui passe."

J.-M. Maulpoix, Une Histoire de Bleu, NRF, Gallimard / Poésie, 2005

lundi 1 novembre 2010

Grosse fatigue



 Voilà ce qu'on peut voir, parfois, le soir, après 30 km de marche le long du Doubs !
Photos garanties sans trucage.